Rémi Amoros

Elukubrations

Poésie

(extraits)

 

 

© SACD 115651

 

 

 
Accès (soirs)
Passage
 

Le poudrier.
Le fume-cigarette.
Le porte-jarretelles.
A déclarer d'intérêt personnel.

Du poudrier avec son miroir, sa houppe, sa poudre de riz, la femme aura à se regarder telle quelle aujourd'hui, en face de l'homme et du fume-cigarette. Face-à-face. Egaux sur le quai. Egos en pantalon. Il leur faudra abandonner le futal, le temps d'une révolution.

Quoi de plus excitant qu'une jambe gainée de soie mise à découvert.
Une jupe citoyenne retroussée, remontée par une main manucurée.
La jarretelle.
Qui fait un come back et joue à guichet fermé.
Le rideau s'est enfin levé sur des jambes privées de soleil.
S'appesantir de nouveau sur des galbes pleins de promesses.

 

Il suffit de traverser les murs, d'ouvrir les portes cérusées après coup, classer les semences, déverrouiller les doubles fenêtres, aérer l'alcôve entachée. La lumière attire la colombe et chasse les affreux arcs-en-ciel. Idem les marchands de sépultures.

Il suffit de regarder sa vie à travers ses années. Surtout ne pas manquer de changer le filtre. Les impuretés relevées sur les sentes parcourues, les labyrinthes.

Il suffit de parcourir certaines tranches de vie gaspillées, passées à déambuler et à se cogner aux réverbères. Le temps se charge de les faire se rencontrer.

Regarder le halo s'incruster tout là-haut, au sommet de la Grande Roue.